Vue dramatique des hauts de La Réunion avec ses pitons escarpés et remparts vertigineux dans la brume matinale, symbolisant les refuges naturels du marronnage
Publié le 15 mars 2024

Contrairement à l’idée d’une simple fuite, le marronnage à La Réunion fut l’acte politique fondateur d’une contre-société dans les « Hauts ». Ce n’est pas l’évasion qui définit l’identité de ces territoires, mais la construction active d’un espace de liberté, d’une culture de résilience et d’un héritage vivant, inscrits dans la géographie même de l’île. L’identité des « Hauts » est le fruit d’une souveraineté territoriale conquise par la ruse et l’endurance.

Les « Hauts » de La Réunion, avec leurs remparts vertigineux et leurs cirques impénétrables, évoquent des paysages d’une beauté sauvage, un paradis pour randonneurs. Pourtant, réduire ces territoires à leur seule dimension naturelle, c’est ignorer la genèse de leur âme. Car avant d’être une destination touristique, cette forteresse minérale fut un refuge, le théâtre d’une des plus formidables histoires de résistance à l’esclavage : le marronnage. Souvent résumé à une simple fuite d’esclaves, ce phénomène fut en réalité bien plus complexe et structurant.

Il ne s’agissait pas seulement de se cacher, mais de construire. Face à l’inhumanité du système de plantation des « Bas », les Marrons ont érigé dans les « Hauts » une véritable contre-société, avec ses propres règles, son économie et sa culture. Mais si la véritable clé pour comprendre l’identité réunionnaise n’était pas dans la soumission des plantations, mais dans la souveraineté conquise de ces territoires d’altitude ? Cet article explore comment la géographie-refuge de l’île a permis non seulement la survie, mais la naissance d’une identité fière, rebelle et profondément liée à la terre.

Nous verrons comment les noms des lieux eux-mêmes racontent cette épopée, comment la survie a engendré une connaissance intime du milieu, et comment cet héritage, loin d’être un simple souvenir, continue de vibrer dans la vie, la culture et les paysages de La Réunion contemporaine. Ce n’est pas l’histoire de victimes, mais celle de pionniers qui ont fait de la nature hostile leur plus grande alliée.

Cet article plonge au cœur de cette histoire pour en révéler les multiples facettes. À travers les sections qui suivent, nous décrypterons comment chaque aspect de la vie dans les « Hauts », d’hier à aujourd’hui, est imprégné par l’héritage du marronnage.

Pourquoi le Dimitile ou le Piton d’Anchaing portent-ils des noms d’esclaves en fuite ?

La géographie de La Réunion est un livre d’histoire à ciel ouvert, et les noms de ses sommets sont les titres des chapitres les plus poignants. Le Piton d’Anchaing, sentinelle du cirque de Salazie, ou le massif du Dimitile, dominant celui de Cilaos, ne sont pas de simples toponymes. Ils sont une mémoire topographique, l’hommage permanent rendu aux chefs marrons qui y établirent leur royaume de liberté. Ces noms gravent dans la roche l’acte de prise de possession de ces territoires par les esclaves fugitifs. Nommer un lieu, c’est se l’approprier, c’est y affirmer sa souveraineté face au monde des plantations qui les avait dépossédés de leur propre nom.

L’histoire orale et les archives confirment cette dimension symbolique. Comme le rappelle une chronique historique sur cet héritage, le nom Anchaing est une déformation de « chez Saina », désignant le territoire de ce chef malgache devenu une figure légendaire de la résistance. Selon Imazpress, dans un article sur l’hommage aux esclaves marrons :

Anchaing ou plutôt Saina, de son nom d’origine, Anchaing signifiant ‘chez Saina’ est le premier grand chef Marron de Bourbon – La Réunion.

– Article historique, Imazpress – L’hommage aux esclaves marrons

Dimitile, quant à lui, viendrait de l’expression malgache « tsy mitily », signifiant « celui qui ne se laisse pas surprendre », « le guetteur ». C’était donc le nom d’un Marron dont la vigilance était la meilleure arme. Cet acte de nommer les lieux participait à la création d’une géographie-refuge, un espace mental et physique où le pouvoir colonial était défié. Cette résistance n’était pas sans risques, les registres de la Compagnie des Indes faisant état de 270 marrons tués dans les bois entre 1725 et 1765, un chiffre qui témoigne de la violence de la répression.

Comment les Marrons survivaient-ils dans le froid sans outils ni armes ?

La survie des Marrons dans l’environnement hostile des « Hauts » de La Réunion est un testament de l’ingéniosité et de la résilience humaine. Sans les outils des plantations, face au froid, à l’humidité et à l’isolement, ils ont dû réinventer un mode de vie en symbiose totale avec la nature. Leur survie ne reposait pas sur la force brute, mais sur une connaissance encyclopédique du milieu et une organisation sociale remarquable. Ils chassaient les oiseaux endémiques comme le pétrel, cultivaient de petits lopins de terre (les « îlets ») avec des plantes vivrières et maîtrisaient l’usage des « zerbaz » (plantes médicinales) pour se soigner.

Cette capacité d’adaptation a été spectaculairement confirmée par l’archéologie. Une découverte majeure dans le cirque de Cilaos a mis au jour les vestiges d’un campement marron à 2200 mètres d’altitude, datant du début du XIXe siècle. Les archéologues y ont trouvé des structures d’habitat en pierre sèche, prouvant une installation durable et organisée, ainsi que des restes d’ossements d’oiseaux marins attestant de leur régime alimentaire. Loin d’être des vagabonds, les Marrons étaient des bâtisseurs et des gestionnaires de leur environnement.

Les outils étaient façonnés à partir des ressources disponibles : le bois de goyavier, dur et résistant, servait à fabriquer des lances ou des ustensiles. Le bambou, les lianes, les pierres volcaniques… chaque élément de la nature était transformé en ressource. Cette économie de subsistance, basée sur l’observation et l’expérimentation, a permis à des communautés entières de vivre et de prospérer pendant des décennies, hors de portée du système esclavagiste.

Madame Desbassayns : quelle part de vérité dans les légendes cruelles ?

La figure d’Ombline Desbassayns est l’antithèse absolue du monde marron. Puissante propriétaire terrienne du début du XIXe siècle, elle incarne dans l’imaginaire collectif réunionnais l’archétype de la maîtresse cruelle et sadique, celle que les Marrons fuyaient à tout prix. Les légendes, encore vivaces aujourd’hui, racontent qu’elle faisait enterrer vifs ses esclaves ou qu’elle se baignait dans leur sang. Si ces récits relèvent très probablement du mythe, forgé pour exutoire par une population opprimée, ils pointent une vérité historique indéniable : la brutalité systémique du monde des plantations.

La vérité historique est plus complexe, mais non moins dure. La richesse et la puissance de Madame Desbassayns reposaient sur l’exploitation de centaines d’esclaves. Les archives, notamment les écrits de son propre fils, Charles Desbassayns, révèlent une gestion méticuleuse et déshumanisée du « cheptel » humain. Comme le précise un article de référence sur le marronnage à Bourbon, la principale source d’informations sont les notes de Charles Desbassayns, qui cataloguent les consignes données aux « commandeurs » pour gérer les esclaves. Ces écrits témoignent d’une logique purement économique, où la punition et le contrôle étaient des outils de productivité.

Face à cette figure du pouvoir colonial, l’histoire du marronnage met en lumière des figures de résistance, notamment féminines, souvent oubliées. L’histoire de la Reine Simangavol, fille du chef Anchaing, en est un exemple puissant. Elle symbolise le courage et la vaillance des femmes marronnes qui participaient activement à la défense et à l’organisation de la contre-société. Un article sur le film d’animation qui lui est consacré rappelle cette force :

La Réunion est une terre de femmes courageuses, fortes, vaillantes. C’est dans la génétique des réunionnaises, vu l’ADN que nous partageons ensemble, comme en témoigne l’histoire de la Reine Simangavol, fille du Roi Anchaing et de la Reine Héva.

Chronique Beauté Noire

Ainsi, le mythe de Madame Desbassayns, bien que caricatural, sert de miroir inversé : il met en relief, par contraste, l’aspiration à la dignité et à la liberté qui animait les Marrons et les Marronnes dans leur conquête des « Hauts ».

L’erreur de voir le marronnage comme un phénomène anecdotique

Une erreur commune est de considérer le marronnage comme une série d’actes de fuite isolés, un phénomène marginal à l’échelle de l’histoire de l’esclavage à La Réunion. C’est une profonde mécompréhension de son impact structurel. Le marronnage n’était pas anecdotique ; c’était une menace constante et organisée pour l’ordre colonial, et une composante démographique et sociale significative. Les estimations historiques, basées sur les archives, sont éclairantes à ce sujet : les chercheurs considèrent qu’à tout moment, entre 2,5 % et 7 % de la population esclave totale vivait en état de marronnage. Rapporté sur toute la période esclavagiste, cela représente des milliers d’individus qui ont choisi la liberté des « Hauts ».

Ce n’était pas seulement une perte de « main-d’œuvre » pour les plantations, mais la création d’un pôle d’attraction, un espoir permanent pour ceux restés en servitude. L’existence même de sociétés marronnes organisées sapait l’idéologie esclavagiste qui prétendait à une soumission totale. L’impact du marronnage va donc bien au-delà des chiffres. Il a infusé la culture réunionnaise d’un esprit de résistance qui s’exprime encore aujourd’hui, notamment à travers la musique.

Étude de cas : Le Maloya, un héritage vivant du marronnage

Le Maloya, aujourd’hui inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO, est bien plus qu’une simple musique traditionnelle. C’est la bande-son de la résistance marronne. Né dans les camps de fugitifs, ce blues ternaire, chanté en créole et accompagné d’instruments rudimentaires (comme le kayamb ou le roulèr), était à l’origine un rituel pour communiquer avec les ancêtres et exprimer la douleur de l’exil et de l’esclavage. Interdit par les autorités coloniales car jugé subversif, il s’est transmis clandestinement, devenant le symbole de la contestation et de l’identité réunionnaise. Sa reconnaissance internationale est une victoire posthume pour les Marrons, validant leur culture comme un pilier de l’humanité.

Le Maloya est la preuve la plus vibrante que le marronnage n’était pas une parenthèse, mais un creuset culturel. Il a produit une culture, une langue, une musique et une spiritualité qui continuent de définir une grande partie de l’identité de l’île.

Mémorial de l’Anse Cafard (Martinique) vs Mémorial du Barachois : quelles différences symboliques ?

La manière dont une société se souvient de l’esclavage en dit long sur son identité. Une comparaison entre le célèbre Mémorial Cap 110 de l’Anse Cafard en Martinique et les monuments dédiés au marronnage à La Réunion (comme la statue de « La Liberté » au Barachois ou les stèles dédiées aux chefs marrons) révèle deux approches mémorielles radicalement différentes, qui éclairent la spécificité réunionnaise. Les deux honorent les victimes de la traite, mais leur orientation symbolique diverge profondément.

Le Mémorial de l’Anse Cafard, avec ses bustes imposants tournés vers le Golfe de Guinée, ancre la mémoire dans la tragédie de la traite transatlantique et du voyage sans retour. Il commémore le naufrage d’un navire négrier et symbolise la condition de victime, le regard tourné vers l’Afrique, la terre perdue. Son message est universel et centré sur la déportation. À l’inverse, les hommages réunionnais sont majoritairement tournés vers l’intérieur de l’île, vers les montagnes. Ils ne célèbrent pas la victime passive, mais le héros actif de la libération : le Marron.

Cette distinction fondamentale est résumée dans le tableau comparatif suivant, inspiré d’une analyse des approches mémorielles :

Comparaison des approches mémorielles de l’esclavage
Aspect Mémorial Anse Cafard (Martinique) Monuments La Réunion
Orientation Tourné vers la mer (lieu de la traite) Tourné vers les montagnes (lieu de liberté)
Symbolique Mémoire de la victime et de la tragédie Célébration du résistant et du combat
Message Portée universelle sur la traite transatlantique Libération endogène spécifique à La Réunion

La mémoire réunionnaise, façonnée par l’épopée du marronnage, se concentre sur l’idée d’une libération endogène. L’identité des « Hauts » ne se construit pas sur la nostalgie d’une Afrique perdue, mais sur la fierté d’un territoire conquis et d’une liberté gagnée par la lutte sur le sol même de l’île. C’est la célébration du combat pour la souveraineté.

Pourquoi 800 habitants choisissent-ils de vivre sans routes ni voitures ?

Le cirque de Mafate, accessible uniquement à pied ou par hélicoptère, est la matérialisation la plus spectaculaire de l’héritage marron. Les 800 habitants qui y vivent aujourd’hui ne sont pas des ermites coupés du monde par hasard. Ils sont les héritiers d’un mode de vie fondé sur l’isolement volontaire, un choix qui plonge ses racines directement dans l’histoire de la « géographie-refuge » des Marrons. Mafate fut l’un des bastions les plus impénétrables du marronnage, et y vivre aujourd’hui, c’est perpétuer, consciemment ou non, cette tradition d’autonomie et de défiance vis-à-vis du monde extérieur.

Après l’abolition de l’esclavage en 1848, un phénomène social unique s’est produit. Les « Petits Blancs » pauvres, chassés des terres fertiles des « Bas », sont montés dans les « Hauts » et ont rejoint les descendants de Marrons. Comme l’explique un guide local, cet isolement a paradoxalement favorisé un brassage unique. Selon Clovis, guide à l’Office de Tourisme, dans un récit sur l’histoire de Mafate :

Une fois l’abolition de l’esclavage décrétée en 1848, chasseurs et chassés se sont retrouvé sur le même espace géographique. Ils se sont mis ensemble, ils se sont mélangés.

– Clovis, guide, Habiter La Réunion

Ce choix de vivre sans routes est donc moins une contrainte qu’une affirmation identitaire. Il préserve un rythme de vie, une solidarité communautaire et un rapport à la nature qui ont disparu ailleurs. L’entraide, la « débrouillardise » (système D) et la connaissance fine du territoire ne sont pas du folklore, mais des compétences de survie héritées et toujours nécessaires. Vivre à Mafate, c’est accepter les contraintes de l’isolement pour en préserver les bienfaits : le calme, la sécurité, et un lien social fort.

Pourquoi les « Pitons, cirques et remparts » ont-ils été préférés au lagon ?

Lorsque l’île de La Réunion a obtenu son inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2010, le choix du site a pu surprendre. Plutôt que de classer les lagons et les plages paradisiaques, symboles touristiques universels, l’UNESCO a choisi de sanctuariser le cœur montagneux de l’île : les « Pitons, cirques et remparts ». Cette décision n’est pas seulement un hommage à un paysage naturel exceptionnel. C’est une reconnaissance internationale de la valeur universelle de l’histoire du marronnage. Le lagon représente la porte d’entrée de la colonisation ; les « Hauts » représentent le lieu de la libération.

Le périmètre classé est immense, couvrant plus de 100 000 hectares, soit environ 40 % de la surface de l’île. Ce classement protège un paysage volcanique spectaculaire, mais sa « valeur universelle exceptionnelle » réside explicitement dans l’interaction entre l’homme et cette nature. Le comité de l’UNESCO a été clair sur ce point dans sa justification, qui ne célèbre pas une nature vierge mais un paysage façonné par l’histoire. Comme l’indique la documentation officielle :

Le site est un ‘exemple éminent d’établissement humain traditionnel’. Le classement ne célèbre pas qu’une nature brute, mais un paysage façonné par l’histoire du marronnage.

– Comité UNESCO, Documentation officielle UNESCO

En choisissant les « Hauts », l’UNESCO a validé le récit réunionnais de la résistance. Elle a reconnu que les sentiers escarpés, les « îlets » (plateaux habités) et les remparts ne sont pas de simples accidents géologiques, mais les éléments d’un paysage culturel, forgé par la quête de liberté. Ce classement consacre les « Hauts » non seulement comme un sanctuaire de biodiversité, mais aussi comme un mémorial vivant de la dignité humaine.

À retenir

  • Le marronnage n’est pas une fuite mais un acte politique de création d’une contre-société organisée.
  • Les « Hauts » de La Réunion ont été transformés de milieu hostile en « géographie-refuge », un territoire de liberté conquis et défendu.
  • L’héritage marron est vivant, visible dans la toponymie, la culture (Maloya), le mode de vie (Mafate) et la reconnaissance internationale (UNESCO).

Comment organiser un séjour de 3 jours à Mafate sans rien oublier ?

Explorer Mafate n’est pas une simple randonnée, c’est un pèlerinage sur les traces des Marrons. Organiser un séjour de 3 jours permet de s’immerger dans ce paysage-mémoire et de comprendre physiquement ce que signifiaient l’isolement et l’autonomie. Une bonne préparation est essentielle pour vivre cette expérience en toute sécurité et avec respect. L’enjeu n’est pas de « conquérir » le cirque, mais de se laisser imprégner par son histoire et l’esprit des lieux.

La clé est de voyager léger mais préparé, en gardant à l’esprit la sobriété des premiers habitants qui survivaient avec presque rien. Un équipement de randonnée complet est indispensable (bonnes chaussures, protection solaire et pluie, trousse de secours), mais l’essentiel est ailleurs : dans l’attitude. Privilégier les nuits en gîtes chez l’habitant est le meilleur moyen d’accéder à la culture orale et aux récits familiaux, qui sont les archives vivantes de l’histoire du cirque. C’est l’occasion d’échanges authentiques, loin des circuits touristiques classiques.

Pour une immersion thématique, suivre un itinéraire qui relie les « îlets » historiques est une excellente approche. Cela permet de comprendre les stratégies de déplacement et de défense des Marrons, qui utilisaient les rivières et les remparts comme des protections naturelles.

Votre feuille de route pour un séjour sur les traces des Marrons

  1. Jour 1 : Accès et mémoire. Entrez dans le cirque par le Col des Bœufs (depuis Salazie) et rejoignez l’Ilet à Malheur, lieu chargé d’histoire lié à un massacre de Marrons.
  2. Jour 2 : Au cœur du refuge. Traversez vers La Nouvelle, puis l’Ilet des Lataniers, en empruntant d’anciens sentiers de fuite et en observant les techniques agricoles des « îlets ».
  3. Jour 3 : La voie de l’eau. Redescendez vers la sortie du cirque par la Rivière des Galets (uniquement si les conditions le permettent et avec un guide), une ancienne voie d’accès et de repli stratégique.
  4. Préparation culturelle : Avant de partir, documentez-vous sur les figures du marronnage (Anchaing, Dimitile, Héva) pour donner vie aux paysages que vous traverserez.
  5. Logistique essentielle : Réservez vos gîtes bien à l’avance, prévoyez de l’argent liquide et emportez de quoi traiter l’eau ou des réserves suffisantes.

Un tel séjour transforme le randonneur en un témoin respectueux. Chaque pas sur ces sentiers devient un hommage à ceux qui les ont tracés pour conquérir leur liberté. C’est une expérience physique et spirituelle qui ancre profondément la compréhension de l’identité des « Hauts ».

Pour transformer votre visite en une véritable rencontre avec l’histoire, l’étape suivante consiste à planifier votre itinéraire en conscience, en privilégiant les rencontres et les lieux qui portent cette mémoire.

Questions fréquentes sur le marronnage et les Hauts de La Réunion

Peut-on accéder à Mafate autrement qu’à pied ?

Uniquement par hélicoptère, pour le ravitaillement ou les urgences. Mais l’accès pédestre reste l’expérience la plus authentique pour comprendre l’isolement stratégique choisi par les marrons et perpétué par les habitants.

Quelle est la meilleure période pour randonner dans les Hauts ?

La période idéale s’étend d’avril à novembre, durant l’hiver austral. Vous bénéficierez d’un temps plus sec et de températures plus clémentes, évitant ainsi les fortes pluies de la saison cyclonique.

Comment respecter l’héritage culturel lors de la visite ?

Privilégiez les guides locaux (« accompagnateurs en montagne ») qui partageront leur connaissance intime du terrain et de l’histoire. Respectez le silence des lieux de mémoire, soutenez l’économie locale en dormant et mangeant dans les gîtes familiaux, et demandez toujours la permission avant de photographier les personnes.

Rédigé par Sarah Moutoussamy, Historienne et sociologue spécialisée dans l'interculturalité réunionnaise, Sarah décrypte le "vivre-ensemble", les traditions religieuses et l'héritage colonial. Elle est médiatrice culturelle et experte en patrimoine matériel et immatériel.